12 févr. 2017

Merci

Avertissement : cet article a presque deux ans... ça va beaucoup mieux, et je parlerai sans doute un jour de mon burn-out en des termes plus clairs et choisis que ceux qui me viennent depuis cette époque.


C'est ici que je l'écris, cela ne sera pas lu par les personnes concernées... pourtant...
j'ai repris cette année après un burn out, en partie lié à du harcèlement, mais également à une somme de petites choses personnelles ou moins personnelles, qui mises bout à bout, ne me permettait pas d'être en état face à cette situation de harcèlement.
Concernant le burn-out, vous pouvez lire le témoignage et les explications intéressantes de Vefa sur son blog... je ne souhaite pas revenir sur le sujet ici, du moins dans cet article, mais ceux qui se sentiront concernés ou aimeraient des détails comme aide possible, peuvent toujours me contacter en mp.

Reprenons le cours du grand merci du titre...

Depuis mi-novembre environ, je suis dans une école maternelle vraiment géniale.
Et pourtant, il y a beaucoup beaucoup beaucoup d'élèves (j'ai la seule classe à moins de 30 élèves, avec 29... ;-) ) et pas mal de cas, forcément. Ne serait-ce que statistiquement... 
Mais j'ai retrouvé le plaisir de bosser, des raisons de bosser comme il se doit chez nous, c'est-à-dire beaucoup, de ne pas lésiner sur la réflexion, et de pouvoir partir dans tous les sens pour laisser venir les idées en fonction des besoins des élèves et des nécessités de la classe... bref, j'ai retrouvé ce qui fait le sel de ce boulot.
Ajoutons à cela le plaisir de venir bosser, et de côtoyer élèves et adultes dans l'école...
C'est une école où les collègues ouvrent leurs portes pour t'expliquer ce qu'elles font dans leur classe. Où elles te conseillent sans juger ta pratique, et t'indiquent les possibles erreurs d'une façon vraiment constructive et enrichissante.
C'est une école où certes il y a intervenants et matériels à un niveau peu vu ailleurs, du moins dans mon "coin", mais où tout est à dispo, et possible, et envisageable, et en plus enrichi des réflexions de tous les adultes présents.
C'est une école où on te propose des docs, des idées, des projets, des sorties, et même de regarder tes propres docs et idées pour un retour encore une fois constructif.
C'est une école où si tu dis "non, merci, ça ira", on n'insiste pas non plus... bon, du coup, on ne le dit pas souvent.
Une école où on te prête le super matériel péda sans rechigner.
Une école où on fait ses services en nombre, forcément, mais dans l'entraide et avec le remplacement facile quand on a besoin.
C'est une école où j'ai sérieusement paniqué en débarquant un vendredi matin, dans une classe de mater, niveau jamais jamais abordé auparavant (qu'on se rappelle que j'ai commencé ma carrière en 4e, 3e et classes de CAP en segpa ^^), où j'ai eu une belle migraine tout le week-end, à l'idée des zouzous intenables dont on me parlait... des zouzous que cela me peine de laisser dans deux semaines maintenant, parce qu'avec un cadre et une organisation, cette classe a été un vrai bonheur !
C'est une école en plus, où personne ne se prend au sérieux. Certes le boulot est fait, en quantité astronomique, et avec qualité, dynamisme et conscience pro, par des personnes engagées dans leur travail,  mais pour autant, chacun se prête volontiers aux petites taquineries du quotidien, avec humour, et recul.
Et puis c'est une école où tu n'es pas un extra-terrestre quand tu bosses en dehors de ta classe, où on peut parler pédagogie aux récrés ou le midi, sans se faire rembarrer, même si ce n'est, bien entendu, pas les seuls sujets de conversation. Où tu peux parler d'un cas d'élève qui te turlupine, où tu peux comparer les conseils donnés, où tu peux demander comment gérer tel cas, telle situation, tel obstacle, sans passer pour une demeurée, et sans qu'on te parle comme à une demeurée...
Alors évidement, tout cela étant à l'opposé du vécu des récentes années au boulot, ça fait un coup au coeur de la quitter bientôt, surtout en sachant qu'il me faudrait bien 20 ans d'ancienneté en plus pour y obtenir un poste un jour ^^
Et évidement, le coup le plus dur est de se dire qu'on a plus de chance de tomber sur le contraire côté boulot, même dans des ambiances sympas...
Et évidement aussi, il est difficile de dire aux gens de l'école à quel point ils ont contribué à un mieux être, et à les en remercier. A quel point ils m'ont appris mon métier aussi, et à quel point ils m'ont redonné confiance dans ma façon de le faire et le vivre.
Merci !
Merci !!

1 commentaire:

  1. Je suis vraiment contente pour toi que tu sois dans un endroit où tu sentes bien et où tu peux échanger. C'est bon de lire de bonnes nouvelles.

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