8 août 2017

Non, je n'ai pas de cahier journal

et je vous explique pourquoi.

Ce n'est certes pas faute d'avoir essayé, et d'en avoir utilisé de différentes formes. Notamment en formation initiale (attention, dans ce mot, il y a un gros fake, "formation". En revanche, "initiale" est bien trouvé, parce qu'après, pfffiou, on cherche encore).

Bref, on exigeait de le voir lors des visites et on nous faisait bien peur avec, alors oui, j'avais un cahier journal lorsque j'étais PE2 à l'époque (en gros, l'année de stagiaire).
Un cahier journal, et le cahier de bord qui restait dans la classe, oui, certains en voulaient même deux...
Bon. Alors j'ai fait. Déjà, je ne voyais pas pourquoi on me demandait de remplir un truc avec ce qu'il fallait faire dans la journée dans ma classe; dans l'année, j'y ai passé maximum 8 semaines, en classe. J'avais quand même un cerveau, non ? En plus à une époque où on sort des études, et où le cerveau est habitué à emmagasiner un minimum d'info, mais bon.
Bon, alors je l'ai fait. Et j'ai fait aussi toutes les preps demandées.

Rien de réutilisable. Rien de réfléchi au point que ça puisse resservir un jour comme base de possible réflexion pour un autre projet.

Et puis, me voilà en poste. En SEGPA, en sortant de formation. Et inspectable aussi, en sortant de formation (oui c'était comme ça : ASH et inspection, c'était quand même quasi une norme en première année de titulaire).
Et là, le cahier journal, il a bien fallu le réinventer : j'avais 6 classes différentes, changeant quasi chaque heure, des élèves de 11 à 19 ans, des matières inconnues au bataillon...
Le cahier journal tamponné, marqué, tatoué dans ma tête par les recommandations IUFMesques et PEMFemesques n'avait aucun sens dans ce contexte.
Mais inspectable. Euh, donc, toujours sous le coup de "faut en avoir un", j'ai bien dû pondre un truc appelé cahier journal. Ah ouais, et le cahier de bord aussi, exigé par mon IEN, combien même en collège (SEGPA = collège, on suit ?), il y a un cahier de texte de la classe qui en fait office. Mais bon.
J'ai fait. Cela ne me servait à rien, à part dire "telle heure = telle classe = telle partie de telle séquence", mais j'ai fait. J'ai bien demandé à mes trois collègues PE de Segpa comment ils faisaient... mais rien de probant à recopier. Eux aussi jonglaient déjà avec tous les docs des classes spés, donc soit n'en avaient pas non plus, soit avaient des trucs qui ne servaient pas à grand chose, car jamais adaptés, comme ce que j'arrivais à sortir...

Et puis, l'ASH étant le parent pauvre (grand territoire, peu de moyens), après la première année, j'ai attendu 7 ans la deuxième inspection, qui est arrivé en même temps ou presque que mon CAPA SH pour lequel j'étais fin prête, ben...


entre deux, j'ai laissé tomber le cahier journal inutile. 

Non seulement inutile, mais me mangeant tous les soirs au moins 20 minutes alors que j'étais déjà débordée de boulot avec 6 classes différentes dans différentes matières pour les élèves desquelles il fallait différencier quasi à l'élève près...
Est-ce que j'ai été perdue ? Oh... ben non en fait.
Est-ce que j'ai moins bien bossé avec les élèves ? Euh, pour cette raison là, non, du tout.
Est-ce que j'ai eu des ratés ? Ah ben oui, mais rien à voir avec ce que j'aurai mis dedans pour autant.
Est-ce que j'ai culpabilisé ? Pas le temps, pas avec tout ce qu'il y a à faire en ASH notamment les livrets et dossiers individuels élèves, et toutes les recherches pour aider au mieux chacun à évoluer au mieux de ses capacités !


Dans le département où je suis arrivée ensuite, j'ai été inspectée au bout de 5 ans encore... (vi vi vi lecteur, tu lis bien... les 13 premières années, et en étant inspectée l'année de sortie, je n'ai été inspectée que trois fois. D'autres copines de promo, en étaient déjà à leur 5e ^^ ).

Nouvelle segpa, nouvelles matières, plein de nouveaux élèves... inspectée la première année, avec un fonctionnement très différent du département d'où je venais, bref, j'ai mis des notes sur des feuilles pour ne pas me perdre dans mes journées... on pourrait appeler ça un cahier journal.
L'inspectrice qui est venue m'inspecter donc était du genre très professionnelle : entre les cahiers des élèves, les affichages, et la conduite de la séance, elle a très bien vu comment je bossais. J'avais un cahier journal très très très succinct dans les mains, qu'elle n'a jamais demandé, et que j'ai oublié de lui montrer. Malgré cela, elle a vu ce qu'elle souhaitait voir.

Alors j'ai encore laissé tomber pour me consacrer à l'essentiel : ce qu'il faut pour les élèves.

Et j'ai encore pas été inspectée pendant 4 ans. Et vu l'inutilité de la chose, j'ai encore laisser tomber.
J'en ai repris un... l'année dernière parce qu'inspectable, et inspectée... (oui, 4e inspection... en 18 ans ^^). Et que c'était exigé. J'aurai pu tenir tête sur le fait que le cahier journal n'est pas obligatoire et qu'il ne m'est absolument pas utile. Mais IEN pas facile et intransigeant sur la paperasse et la quantité de celle-ci... bref, j'ai joué le jeu, pas fière.
Et j'ai donc refait ce truc qui ne me sert à rien...

Alors je sais, des arguments pour en faire, il y en a plein.
Mais la plupart ne tiennent pas face à mon fonctionnement d'une part, face au bon sens d'autre part.

- avoir sous les yeux le déroulé effectif de la journée ?
J'ai un fonctionnement en partie inspiré de mon premier IEN ASH, quelqu'un d'exigeant mais réfléchi, distant mais pédagogue, et au service des élèves et de leurs apprentissages.
J'ai des programmations détaillées de période à période, que je remets à jour lorsque je n'ai pas fini quelque chose lors d'une période.
A l'intérieur de mes programmations, j'ai des progressions, au moins pour le français et les maths, ce dont on peut déduire facilement les objectifs d'apprentissage élèves.
Et j'ai un emploi du temps très ritualisé, qui bouge parfois, en fonction des heures qui sautent, des créneaux qui changent mais qui reste ritualisé dans le fonctionnement des plages proposées.
Tout est affiché en classe de façon visible toute la journée.
Donc en gros : je sais chaque jour ce que j'ai à faire et à quel moment, et quel contenu (ce que j'ai fait juste avant, et vers quoi cela ira la fois d'après). Et puis j'ai des élèves de cycle 3, après avoir eu des années des collégiens : ils savent quand même se repérer un peu aussi, surtout dans un environnement rendu familier par cet emploi du temps.
Le déroulé de la journée ? Je l'ai sous les yeux donc

- diversifier les dispositifs sur la semaine ?
Mon emploi du temps et mes programmations, ainsi que les méthodes utilisées me permettent justement de varier tout ça dans la journée. Donc sur la semaine.

- Savoir de quel matériel j'ai besoin ? Je sais à peu près ce que j'ai à faire semaine après semaine. Le dimanche, je jette un oeil où j'en suis (c'est le jour où je bosse beaucoup mes preps matérielles ou contenu). La plupart du temps, je fais avec ce que j'ai en classe ou à dispo dans l'école. Si besoin de photocopies, j'ai la chance de pouvoir les envoyer de la classe, et de fonctionner avec des élèves autonomes, capables aussi de les faire ou d'aller les chercher.


- gérer la différenciation : ben, je viens de l'ASH. Après des années à m'épuiser à différencier pour environ 16 élèves par classe fois 5  classes (pas la peine de compter ^^), à compléter les livrets et dossiers individuels de chacun, avec ce qu'il est capable de faire, comment il peut progresser, et comment l'aider à y parvenir, j'ai fini par passer de longues périodes de réflexion sur l'organisation de la classe, afin que ce soit elle, en partie, qui aide à s'adapter aux élèves, et pas seulement adapter chaque tâche. Ce qui est utile en ASH + ce que j'ai appris en passant en mater aussi est tout à fait possible à mettre en place en élémentaire.
Si on lit beaucoup en classe (cf ateliers DECLIC), il y a des bouquins pour tous les niveaux. Je choisis aussi des méthodes qui s'adaptent facilement aux élèves. Je bosse en atelier, pour adapter ma façon de passer les infos à chacun, etc.
Adapter et différencier, ce n'est pas forcément travailler plus, c'est travailler autrement et pour tous.

Et puis il me semble que c'est notre boulot de bien connaitre nos élèves. On sait lesquels on peut faire avancer sur tel point et lesquels auront besoin sans doute d'un coup de pouce différent, et encore "sans doute", si dès le départ on pense la différenciation comme une adaptation pour les élèves en difficulté, on risque de mener ceux-ci vers un cristallisation de la difficulté.
Différencier, c'est aussi compliquer la tâche ou la rendre moins accessible pour les bons, c'est donner autre chose de nourrissant aux précoces, etc.
Bref, le cahier journal ne m'aide pas pour tout ça, loin s'en faut. Ne pas le faire me donne 20 minutes de réflexion

- préparer les séances que j'écrirais dedans ? Ah ben soit j'ai besoin, ça arrive, alors j'ai des préps précises. Soit je suis le manuel (notamment avec les méthodes Picot), soit je sais où je vais avec les docs élèves que j'ai préparés et choisis en réfléchissant.

- pour que le remplaçant sache où j'en suis : alors là, pardon, mais puisqu'un cahier journal est sensé comporter les bilans de journée, je ne vois pas comment je le laisserai en classe. Et ça voudrait dire l'imprimer tous les jours ? Bravo l'économie alors que j'ai un ordi portable à dispo pour la classe.
J'ai été remplaçante moi-même trois années sur ma carrière, en ASH et dans l'ordinaire : j'ai chouiné plus qu'à mon tour sur le manque de docs dans les classes où j'arrivais, mais avec les programmations et le cahier d'appel, on s'en sort très bien.
Ma circo exige un doc qui reste en classe à destination des remplaçants : tout est réfléchi dedans, et s'il est complété, pas besoin d'un cahier journal. On nous demande de dire nos créneaux spécifiques, les intervenants, les PAI, les élèves avec des troubles type dys ou avec handicap, ntore façon de bosser décrite, et d'afficher des programmations détaillées qu'on coche ou surligne ou barre au fur et à mesure de l'avancée de l'année et des travaux... du coup, facile de voir où en est

- les bilans de journée. Voilà. Là, le cahier journal pourrait avoir une utilité.
Si je n'avais pas de cerveau !

En ASH, ce qu'on repère d'un élève, on peut le consigner dans les dossiers directement. J'avais des brouillons partout en fin de journée, de choses repérées, à vérifier, etc. Je prenais un temps, parfois, quand ça s'accumulait pour compléter leurs livrets et dossiers avec mes anotations.
Mais en gros déjà, même avec 80 ou 96 élèves en segpa, je savais que j'allais me tromper au max sur un ou deux élèves, et pas de grand chose au moment de réfléchir à ce qu'ils savaient faire, et ce qu'il fallait mettre comme objectif pour la période suivante (oui oui, ça se fait par période en ASH)... et j'avais à dispo les évals faites, et mes anotations dans les dossiers...

Alors avec une seule classe de 20 à 30 élèves en ordinaire, non, peu de chances que mon cerveau me lâche à ce point.
Oui je sais qui sait quoi faire. La seule erreur que je puisse faire encore à ce niveau, c'est n'avoir pas repéré avec exactitude à quel niveau de compétence et de maitrise un élève est arrivé, mais ça peut se rater même en écrivant les bilans individuels pour chacun chaque jour pour chaque activité (quoi, on ne fait pas ça ? Ben alors ;-) ).

Bref, les bilans des ratages ? je maitrise. La prép ou les docs partent à la poubelle, et je refais autrement, si possible mieux, et je réfléchis (parfois une partie de la nuit) à pourquoi j'ai raté, et quoi, et comment.
Les réussites ? Sont-elles jamais des réussites pour tous ? Donc pas besoin de noter. Ce qui fonctionne pour une majorité, je retiens, ça donne un coup de fouet au moral, et je note parfois les améliorations.
Les choses à revoir, pas de souci, ça s'ancre dans ma tête jusqu'à ce que j'ai trouvé moyen d'aider l'élève qui a besoin.
Les élèves largués : je me remets en cause aussitôt, puis I saddle up, et haut les coeurs, on trouvera le moyen.

- les exercices prévus... ah ben ils sont prévus oui. Soit en projetable (dans un doc, donc, que j'ai prévu en amont), soit dans les manuels que j'ai consciencieusement anotés/paginés/post-isés pour ça, soit photocopiés ou prêts à... (doc prêt à l'avance)

- les traces écrites prévues ? De deux choses l'une : soit on les prévoit, soit on les fait avec les élèves. En général, je préfère les construire avec les élèves. Mais on n'a pas le temps tout le temps et pour tout. Donc on peut prévoir. Ben ça se met dans la prép, non ? Ou ça s'écrit directement, au tableau à partir des docs qu'on a en main. Il ne faut pas oublier certains points ? C'est juste. On peut lister. Mais faire un cahier journal juste pour ça, euh...

- la place de l'enseignant pendant telle ou telle séance... alors là... là... combien de formateur et chefs me l'ont demandé. Combien en ai-je regardé avec des yeux ronds, écarquillés, passant pour une débile... est-ce que vraiment j'envisage ma classe sans savoir où je suis dedans ?? Au point de devoir l'écrire ?
Il parait que ça arrive. Ah. Bon.
Vous savez où je suis, en fait, la plupart du temps (sauf séance précise à accompagner comme dans les méthodes Picot ?) : loin des élèves.
Pas besoin de sursauter hein. Je suis loin des élèves, tout le temps qu'il leur est nécessaire.
La plupart du temps, mes élèves travaillent en autonomie, seuls, à deux, en groupe... à une place ou un regroupement, comme ils veulent.
Alors non, je ne maitrise pas totalement tout ça encore, c'est toujours une réflexion en cours. Mais mes élèves ne sont pas toujours voire de moins en moins en groupe classe, face au tableau avec moi devant à diriger le choeur.
Je suis où ? Parfois encore devant le tableau oui. Souvent avec un ou deux élèves, ou un groupe choisi, défini, pour une tâche précise. Je le note ? Non... j'organise, et ça tourne, c'est affiché, les élèves savent. Ou bien je sais que cette semaine, ce serait bien d'aller voir untel et untel pendant la lecture, et de recevoir untel et untel en conférence de rédaction. Je le sais parce que j'ai des fiches de suivi en lecture. Je le sais parce qu'en écriture, j'ai reçu tel groupe et tel groupe, et vu leurs écrits, et corrigés et relus leurs écrits. Parce que je n'ai qu'entre 20 et 30 élèves : je peux bien retenir deux trois infos sur chaque toutes les semaines.
Ah oui et parce que lorsque j'ai eu 4 niveaux, j'étais en mater, et j'avais un semainier bien clair à dispo de l'Atsem, donc oui, c'était noté que j'étais avec tel groupe et elle avec tel groupe... pas besoin de recommencer dans le cahier journal.

- quoi d'autre ? Ben, à vous de me dire à quoi ça peut servir. Puisque moi, je ne sais pas à quoi.



Qu'ai-je tenté comme genre de cahier journal, me demanderez-vous, ou pas du tout d'ailleurs ?
Ben... un peu tout.
J'ai fait des grands cahiers, avec des belles colonnes. J'ai fait des plus petits aussi. J'ai fait des pages informatisées à compléter à la main, adaptées à mon boulot mais tellement longues à remplir. J'ai fait un classeur aussi une fois, avec des feuilles volantes... qui se perdaient tellement je n'en avais pas l'utilité et je les posais ailleurs. J'ai fait aussi la version Edumoov, et les versions des copines (tu verras, c'est idéal). J'ai même fait la version BuJo (bullet journal). J'ai testé plein de visuels. Et des choses semi-remplies ou carrément vides. J'ai surtout utilisé des cartes heuristiques à une époque.
Aucune version ne m'a été utile au point de n'avoir pas été abandonnée au bout de quelques semaines, voire quelques jours.
Rien qui ne colle à ma pratique. Et à ce que je mets en place. Rien qui convienne à l'autonomie que je veux donner aux élèves non plus.

Est-ce que je cherche encore quelque chose qui puisse m'être utile ? Non, rien de cet ordre.
En revanche, un truc qui se pond vite fait, au moins sur une période, parce que les chefs exigent encore cet outil qui n'est pas obligatoire*, ça oui, je cherche. En cas d'inspection tâtillonne. Autant je suis au clair dans ma classe sur mon fonctionnement, autant ça m'est encore difficile de tenir tête au chef !


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Et après tout, si avec le boulot fourni, un pro ne peut pas voir que c'est fait... qu'y puis-je ?

*même les syndicats les moins véhéments reconnaissent qu'il n'est pas obligatoire. Le cahier journal a été supprimé par Jules Ferry en 1881. Si si.
Un article plus intéressant chez Bruce Demaugé : CLIC
On trouvera bien entendu chez FO ou SUD, des choses plus réglementaires encore sur ce qu'il est légal ou non de demander lors d'une inspection.



20 commentaires:

  1. Moi non plus je n'en ai pas!!!! Même que j'avais essayé d'en faire un pour ma dernière inspection... mais que je l'ai oublié le jour J.... l'IEN ne me l'a pas demandé, il avait mes progressions et programmations sous les yeux, stabilotées et tout et tout... et puis après 8 ans dans les mêmes niveaux, ça allait, je savais où aller, comment y aller et même où j'étais... même réflexion que toi, et même constat: je n'en ai aucune utilité....

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    1. C'est rassurant, me sens moins seule ^^

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  2. Quand je reçois des stagiaires ça les fait halluciner... J'ai une programmation hebdo en plus de mes programmations annuelles et c'est tout. Mais on formate encore tous ceux qui débutent. Quel dommage, aucune case vide pour un moment qu'on voudrait voir durer, aucune plage horaire hors programme parce que les élèves le méritent. Le cahier journal de début de carrière enferme plus qu'il n'aide. On a tous été "obligé" d'essayer et je suis bien contente de voir qu'on est aussi beaucoup à s'en être débarrassé! ��
    Merci pour ce bel article

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    1. et tu trouves les arguments pour répondre aux stagiaires ? Non qu'on ait à se justifier, mais justement avec ceux qui sont encore, et c'est normal, enfermé dans ce formatage, ça doit être plus difficile ?
      Autant je me suis libérée du cahier journal, autant il m'a fallu dix ans pour d'autres choses, notamment sur le fonctionnement de classe.

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    2. Je leur explique ça justement, que pour l'instant c'est rassurant pour elles d'en avoir un mais qu'au fur et à mesure, l'expérience aidant, il faut réussir à s'en détacher. Comme tu le dis, on a un cerveau fait pour ça, on peut se rappeler de tout sans écrire "prévoir des feutres" comme je l'ai déjà vu. J'ai eu la chance d'avoir des stagiaires plutôt ouvertes jusqu'à maintenant. Et ce gain de temps pour vraiment penser à ce dont tel ou tel élève a besoin est inestimable. disons que je sème la petite graine dans leurs têtes et après ça pousse ou pas.
      Ma programmation hebdo est synthétique et une lecture le dimanche soir suffit à se rappeler sa semaine, je ne leur dis pas que c'est ce qu'il faut faire, mais en général, ça les soulage de voir qu'on ne fait pas de cahier journal toute sa carrière!

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    3. Merci de ta réponse... en vérité, ne pas avoir de cahier journal ne signifie absolument pas bosser moins... contrairement aux croyances de certains chefs ou conseillers.
      Le problème, c'est qu'on est capable sur le terrain de dire qu'il faut trouver ce qui va aider chaque élève, mais pas d'accepter qu'on fasse de même côté PE ;-)

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  3. Honnêtement, je suis PES prorogée et l'outil le plus précieux que j'ai développé avec une CPC investie en protocole est une programmation hebdomadaire sur chaque période.
    Bien plus efficace qu'un quelconque cahier journal, que je trouve particulièrement indigeste et souvent peu compréhensible, ainsi que très lourd à utiliser quotidiennement.

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    1. en mater, j'ai fonctionné plus ou moins comme ça, ça fonctionnait, même si, question procrastination, j'avais du mal à viser la semaine ;-)
      Mais partir des programmations, c'est déjà le point important.

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  4. J'ai essayé plein de formes de cahier journal. Mais j'ai laissé tombé. J'ai un document word avec mon emploi du temps et des liens hyper texte vers des programmations hyper détaillées. Des fiches de rotations des groupes aux ateliers. Et des grilles évaluatives pour les bilans. Mais pas de cahier journal...

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    1. je crois que l'esentiel est là, trouver les docs qui nous servent, et ne pas s'obliger à faire des choses qui ne nous servent pas

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  5. 39 ans de carrière et 8 inspections : emploi du temps, programmation par périodes, fiches bilans élèves mais pas de cahier journal abandonné dés le début de ma carrière car totalement inutile et chronophage

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  6. pas de cahier journal non plus, pas d'utilité, j'ai des programmation, des progressions individualisées (je suis en ULIS collège) je sais où je vais et où je veux mener mes élèves c'est le plus important non? et niveau inspection pas mieux lotie que toi: 3 en 17 ans

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    1. une copine en ULIS collège en a un super détaillé... quasi une couleur par élève, et pour chaque heure de la journée. Chacun bosse comme il peut, en s'appropriant au mieux les outils qu'il se crée, je pense. Et même chose en segpa, une collègue ne s'en serait passé pour rien au monde.
      Un autre faisait son cahier journal en mettant des objectifs qui n'en étaient pas, lol, au lieu de mettre des objectifs d'apprentissage pour les élèves, il mettait les siens "objectif : finir la séance 2 de tel truc", et bien pourquoi pas s'il bosse bien comme ça ?

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  7. 38 ans d'enseignement et seulement 4 inspections, la dernière remontant à plus de 12 ans !!! pour ma part, plus de cahier journal depuis des années. Lors de ma dernière inspection mon cahier journal n'était pas à jour depuis des semaines (heureusement pour moi j'ai été inspectée en nov). Mes collègues ont réussi à me stresser et j'ai passé mon week-end à le mettre à jour. Jour de l'inspection, on ne me demande rien si ce n'est des cahiers d'élèves et mes progressions détaillées (qui elles étaient à jour et annotées en fonction de l'avancement de la classe). Depuis cette date, je ne fais plus semblant de faire un cahier journal que de toute façon je n'ouvrais pas de la journée. Je préfère passer du temps à réfléchir à comment aider un élève en difficulté en recherchant de nouveaux outils que d'écrire du bla bla bla. Souvent je me dis que ceux qui nous inspectent sont bien loin de la réalité du métier que nous exerçons avec passion et enthousiasme et que ce n'est pas un bout de papier qui permet de juger de ce que nous faisons au jour le jour.

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    1. oui, tout ça n'enlève rien à la réflexion qu'on a, jour après jour, pour les élèves qu'on nous confie.

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  8. Coucou, moi non plus pas de cahier-journal... Surtout depuis que Bruce avait publié son article (je mets le texte dans mon classeur le jour de l'inspection au cas où...)
    ça ne me sert à rien et aux remplaçants éventuels non plus. Pour des petits remplacements, ils arrivent avec leur kit souvent même si on leur a détaillé le boulot à faire. Et la fois où j'ai été remplacée deux mois, elle n'a pas du tout utilisé les mêmes outils que moi (Picot, ateliers...). J'essaie, je dis bien j'essaie, de laisser des traces dans mes progressions de ce que nous avons fait (stabilo jaune) et maitrisé (stabilo vert)et sur les listes de compétences.
    Merci de me confirmer dans mon choix pour l'année prochaine. J'abandonne l'idée d'en tenter encore un de plus !
    Cécilez

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    1. ^^
      je ne fais pas de prosélytisme hein. Je réponds à des commentaires étonnés sur FB "comment ça, t'as pas de cahier journal"... ben non. Hihi

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  9. Au tout début quand mes enfants étaient petits, j'étais à mi-temps et je 'produisais' un cahier journal, plus pour me rassurer sur le fait, qu'effectivement, je faisais sérieusement mon travail ^_^ Mais honnêtement c'était plutôt anxiogène. Je faisais le bilan de ma journée et j'avais l'impression de n'avoir pas fait suffisamment travailler les élèves... Quand j'ai repris à plein temps, j'étais inspectable, donc j'ai poursuivi cette quête pour 'montrer' mon sérieux et au cours de l'année, j'ai fini par m'en débarrasser : de la route, deux écoles, deux classes... Bref, je me suis fait confiance ! Et j'ai trouvé que la relation aux élèves n'en était que meilleure :-)
    Alors c'est chouette de me dire que je ne suis pas la seule à refuser ce qui peut devenir superficiel (oh ! la belle vitrine !) et d'aller à ce qui me semble l'essentiel, ce qui est peut-être invisible, mais qui donne du sens : donner envie d'apprendre !

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  10. Isabelle : Moi aussi je me sens moins seule! Je trouve que ce cahier journal est un surplus de travail. Nous savons bien ce que nous avons à faire! J'ai une classe double GS/Cp, ça donne déjà bien assez de travail. Je donne le meilleur de moi-même dans ma classe, et c'est le plus important. Ce n'est pas en restant quelques minutes qu'un inspecteur peut se rendre compte de nos qualités! Ce qui compte c'est l'épanouissement de nos élèves, qu'ils soient heureux d'apprendre.

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